Samedi 21, c’est la rentrée des Gilets Jaunes, le rendez-vous est fixé à Paris. Beaucoup de monde est attendu, l’accroche de cette seconde saison est pertinente : “Fin du monde, fin du mois, même système, même combat”.

Dans l’intérêt du Mouvement, on espère le moins de violences possibles, d’où qu’elles viennent. Il y en aura cependant et les chaines d’infos continues sauront exploitées la moindre poubelle brulée, n’en doutons pas.

Cette rentrée devrait aussi, selon Xennials.fr, être l’occasion de s’interroger sur les suites à donner au mouvement. Certains pensent qu’il sera possible de renverser Macron par la rue. De notre côté, nous ne le souhaitons pas : trop de blessés déjà parmi les GJ et Sa Majesté est insensible allant jusqu’à nier la répression violente qu’il impose et dont il est le seul responsable (les forces de l’ordre ne font que leur métier même s’il y a des excès de zèle).
Un renversement par la rue impliquerait une guerre civile pour un résultat inconnu, vraiment peu souhaitable de notre point de vue.

Il y a une autre voie pour reprendre la main : la Politique et là, par contre, la force GJ a un boulevard devant elle. En effet, tous les partis d’opposition ont les yeux tournés sur les GJ, ce vaste élan populaire que chacun essaye de ramener vers lui. En dehors de LREM, du PS et des LR qui sont proches du Gouvernement, tous les partis veulent séduire ce Mouvement Gilet Jaune, lequel bénéficie toujours du soutien populaire malgré les grandes manœuvres des médias qui ont participé au sacre de Macaron.  Même du côté du mastodonte RN, la drague est manifeste : Marine Le Pen a ajouté un catalogue de mesures GJ à ses thèmes de prédilections pour sa rentrée politique. C’est la même chose du côté des « petits » partis, Insoumis, Communistes, UPR, Patriotes, Debout la France (…). Pour eux c’est même une obligation d’appuyer le mouvement d’autant qu’ils ont bon nombre de militants qui sont parties prenantes du mouvement depuis la première heure et d’autres qui continuent de rallier les GJ.
Il est fortement souhaitable qu’à terme, ces appareils politiques ne se demandent pas « Comment récupérer le Mouvement ? » mais bien « Comment soutenir le Mouvement ? ».

Au jour d’aujourd’hui, la force Gilet Jaune est la seule force politique capable de contrer le second sacre de sa Majesté Micron Premier. Comment, alors qu’elle n’est même pas constituée en tant que Force Politique ? Donnons quelques éléments de réponse ci-dessous avec une analyse des forces en présence et un exemple de Timing.

1- Les Gilets Jaunes rassemblent déjà les membres des petits partis. Un rassemblement impossible à faire au niveau des responsables de ces partis (trop d’égos et de politique politicienne).
2- Le soutien populaire est très important, aucune force politique française ne peut présenter un tel engouement, surtout pas En Marche ni le RN ni les Insoumis
3- Les municipales de Mars 2020 vont être de nouveau l’occasion pour En Marche d’affaiblir le PS et LR en affichant ici ou là des listes communes ou en investissant des anciens candidats de ces partis. En parallèle, En Marche aura besoin de maintenir une opposition via les succès du RN qui seront montés en épingle dans la lignée du match Fachisme VS Progressisme voulu par le pouvoir. Avoir Marine Le Pen au second tour 2022, c’est la seule manière pour Macron d’être certain de remporter une large « adhésion » pour gouverner.
A la sortie, les résultats devraient confirmer l’évidence du duel Marine Le Pen contre Emmanuel Macron à venir en 2022 et la victoire de ce dernier.

Sauf à se projeter dès maintenant sur ces élections présidentielles et annoncer sans tarder un candidat GJ en 2022. Un candidat qui fasse la quasi-unanimité du mouvement et qui soit capable d’obtenir le soutien des chefs de petits partis, de JLM à Philippot en passant par Asselineau et Brossat (…). Un candidat capable d’apporter le cadre Gilets Jaunes, un cadre commun pour que ces partis puissent collaborer politiquement au sein d’une mouvance Jaune comme le font, déjà, leurs adhérents.

Dans un premier temps, le soutien des appareils sera difficile à obtenir mais, avec une candidature annoncée rapidement et le soutien des militants qui sont membres de ces partis, il pourrait finir par devenir évident. Avec un cadre rassembleur typé GJ, les petits partis n’auront d’autres choix que de participer ou se complaindre dans l’opposition et finalement soutenir indirectement la Macronie, un peu comme l’a fait Benoit Hamon en 2017 alors que l’AEC, le programme des insoumis, aurait pu l’emporter.

Dans un second temps, une fois les municipales passées, la force politique Gilets Jaunes unie derrière un leader, le travail collaboratif avec les petits partis devrait commencer. Les auditionner, les entendre, reprendre leurs idées (…) afin de formaliser un programme commun derrière la bannière Gilets Jaunes. Un programme qui soit la meilleure synthèse de ces partis et qui puisse être porté par un gouvernement pluriel.

C’est tout le mal qu’on souhaite au Mouvement Gilets Jaunes : dépasser le cadre des manifestations et autres occupations terrain pour renverser la table une bonne fois pour toute dès 2022 avec un programme clair qui reste à bâtir collectivement avec l’aide des partis volontaires.

Le parcours sera semée d’embuches mais le jeu en vaut la chandelle et la réussite possible.

Fin du monde, fin du mois, même système, même combat ?
Un second mandat de Macaron serait une catastrophe pour les deux, c’est certain. Seul le mouvement GJ peut l’éviter, il est plus que temps de s’en convaincre et d’agir en ce sens.

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