Utopique un futur idyllique où l’humanité vivrait en paix avec elle-même et en symbiose avec la nature grâce à la technologie ; une ère de l’Abondance
Ce futur possible se dessine pourtant en partie sous nos yeux, tâchons de nous en convaincre dans les lignes qui suivent. 

Que ce soit l’effondrement attendu par les collapsologues ou la crainte du remplacement par les machines, nous sommes surexposés à des visions apocalyptiques de l’avenir. Ces craintes, parfois légitimes, sont utiles si elles sont prises comme des dangers à éviter. Cependant la profusion des « catastrophistes » a un effet pervers : elle impose l’idée que le futur sera forcément moins bien qu’aujourd’hui pour le plus grand nombre. Par réaction, elle favorise le repli sur soi et une forme d’individualisme hédoniste du type « profitons-en pendant qu’il en est encore temps » alors que c’est justement l’amélioration de nos organisations collectives qui nous permettra de traverser au mieux le tsunami digital qui a débuté.

Ainsi, la fin du pétrole bon marché n’est pas synonyme de décroissance forcée, les alternatives existent. Citons en deux : d’une part la pile à combustible (moteur à hydrogène) dont l’utilisation se généralise en Inde et en Chine, puis, d’autre part, le Soleil qui constitue une source d’énergie quasi-inépuisable. Capter ne serait-ce qu’1% de ce qu’il fournit en énergie chaque jour à la Terre suffirait largement à combler les besoins pour des milliards d’individus. Les rendements des panneaux solaires, s’ils sont encore limités, augmentent de manière continue et l’énergie solaire est déjà moins chère que le charbon. C’est une réelle alternative au pétrole et une source d’énergie de premier choix pour les pays les plus pauvres qui sont souvent les plus ensoleillés. La Centrale solaire Noor inaugurée au Maroc en 2016 est un bon exemple de ce qu’il serait possible de faire partout sur le continent Africain. L’utilisation de la blockchain permet par ailleurs d’entrevoir des solutions pour optimiser la distribution de l’énergie produite et résoudre en partie l’épineux problème du stockage (cf expérimentation Brooklyn Microgrid).

Si Elon Musk participe activement à bâtir un monde meilleur, il se trompe à mon sens assez lourdement sur son souhait de voir se généraliser un Revenu Universel pour faire face au développement du chômage technologique. Certes, les robots remplacent déjà les humains dans de nombreuses tâches manuelles tandis que le développement des Big Data et des algorithmes diminuent le besoin de professions intellectuelles, et le phénomène va encore s’accentuer. Mais, si la montée du chômage semble inexorable, on ne rappelle pas assez que ce développement technologique permet une baisse drastique des coûts de production. Cela laisse entrevoir ce que Peter Diamandis, un des rares futurologues optimistes, appelle la démonétisation, phase préliminaire qui nous mènera vers l’abondance.
Un exemple pour l’illustrer : l’usage balbutiant de l’impression 3D permet déjà de bâtir des maisons de plus de 40 M2 en moins de 12H pour des coûts inférieurs à 18 000 euros. Aussi, plutôt que de généraliser un Revenu Universel, il est préférable de tendre vers des coûts de production quasi-nuls des besoins du plus grand nombre. Aujourd’hui, un européen moyen travaille toute sa vie pour être propriétaire de son logement avant sa retraite. Si le coût ce besoin « vital » passe de 200K à 10K, le travailleur n’a plus besoin de vendre sa capacité de travail physique et/ou intellectuelle aussi longtemps et peut donc plus facilement s’adapter à des périodes de chômage.

Futur utopique ou dystopique ? Tout dépend de l’usage collectif que nous aurons des innovations technologiques en cours et à venir.

Il est par ailleurs indispensable que le coût de fonctionnement de nos États soit aussi réduit. L’usage de la Blockchain le permet. C’est grâce à cette technologie que le Ghana dispose d’un cadastre qui n’a rien à envier en terme de service au cadastre français pour un coût de fonctionnement quasi-nul. Plus près de nous, l’Estonie préfigure ce que pourrait être le « Blockchainisme », un mix parfait entre le libéralisme et le communisme. Avec les Big Data, les Etats peuvent fournir un meilleur service, moins couteux. Le pré-requis est que les citoyens acceptent de libérer une partie des données qu’ils offrent sans sourciller aux Gafa.
Big Data, Blockchain, Robotique, Impression 3D : les outils sont donc là pour bâtir cette ère de l’abondance. Ce qu’il manque aujourd’hui c’est un volontarisme politique pour les exploiter. Pour le moment, seule la Chine développe une réelle gouvernance des technologies, une gouvernance pour le moins troublante et dangereusement efficace.

Les changements sont trop nombreux et rapides pour que l’on se contente d’espérer que la main invisible suffise à orienter l’intérêt individuel vers l’intérêt commun. Plus que jamais, il nous faut un cap. Celui de l’abondance est séduisant. La clé du succès tient dans la juste répartition des richesses et des gains de productivité.
Désormais tous connectés au sein d’un village mondial, il est encore temps d’espérer des lendemains qui chantent.

Demain sera peut-être merveilleux, cela ne dépend que de nous…

PS : Ce texte est un brouillon, une réponse au Futurologue Laurent Alexandre que j’aime comparer à Greta Thundberg. Il m’a lancé un défi suite à un petit tacle de ma part. Faire mieux que lui en 4500 caractères. Je lui ai fourni cette réponse dans les 24H.

Une bonne vidéo informative sur la Sauce Chinoise Aujourd’hui :
https://www.facebook.com/CWSJtraditional/videos/377669073173493/?t=39

Liens complémentaires :
https://positivr.fr/maison-46-metre-carres-batie-en-12-heures-grace-imprimante-3d/
https://www.info-afrique.com/cadastre-ghana-blockchain/
https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/en-chine-la-vie-sous-loeil-des-cameras-997774